Les Phéniciens

Origine

Le nom 'Phénicien' vient de l'ancien grec Phoinix qui signifit 'Rouge'. Une vielle hypothèse, souvent citée, veut que les Phoinikes, c'est-à-dire les 'Rouges', auraient été ainsi appelés parce qu'une de leurs activités les plus marquantes était de fabriquer la pourpre à partir de coquillages (murex) et de vendre des tissus rares et chers traités avec cette teinture. Mais il semblerait que les Grecs les ont appelé ainsi parce qu'ils étaient plus basanés que les gens de l'Égée tout comme les anglais appelèrent les amérindiens 'Peaux-rouges'.

A noter que les Romains utiliseront se terme déformé en Punique pour parler des Carthaginois, les phéniciens ayant effectivement fondés la ville de Carthage (actuellement en Tunisie).

Les Phéniciens sont appelés Cananéens dans la Bible. Le pays appelé en akkadien Kinahhi dans une lettre de Tell-el-Amarna est bien celui de Canaan, il ne peut être séparé de kinahhi qui signifie 'Laine rouge pourpre' qu'on trouve en akkadien de Nuzi, en Mésopotamie, et il est dès lors tentant d'établir une comparaison avec le grec Phoinix qui signifie à la fois 'Phénicien' et 'rouge pourpre'. Dans ce cas, Canaan aurait été la Phénicie aussi bien que la Palestine. Les phéniciens s'appelaient eux même "chanani".

On appelle Cananéens les peuples occupant la Palestine et le Liban actuel au IIIè millénaire av. J.-C. Vers 2670, au temps de la Ve dynastie égyptienne, mention est faite des Fenkhou, au nombre des vaincus rançonnés sur la côte syrienne par le Pharaon Sahoura. Ils s'y trouvaient depuis quelques siècles déjà, étant arrivés sur le littoral de la Méditerranée vers 2900. Les tablettes trouvées à Ougarit nous apprennent que les Cananéens étaient installés tout d'abord en Arabie Pétrée, entre les golfes actuels de Suez et Aqaba, ils se sont arrêtés dans la région du Negeb et ont de là gagné la côte de la Méditerranée, où ils resteront par la suite.

Ils se fixèrent d'abord dans la région d' Asdhod, Gaza et Ascalon. Ils possédèrent une armée dont les textes d'Ugarit vantent les exploits et une flotte qui convoiyait en Méditerranée les produits venus de l'Arabie. Les fondateurs de Tyr, de Sidon ou de Byblos devaient être aussi des Cananéens. Un des poèmes épiques trouvés à Ugarit rappelle, en la mêlant d'éléments fabuleux, la perte du Negeb par les Cananéens. Il met en scene la lutte du roi de Sidon, Keret, contre une armée d'envahisseurs dirigée par Terach, le père d'Abraham. Le conflit se termine par la victoire des Térachites et de leurs alliés. De nombreuses populations vaincues doivent émigrer. L'événement se place au début du IIe millénaire au moment où les Hébreux - les Térachites du poète - arrivent en Palestine. Les Cananéens vaincus remontent plus au nord et vont rejoindre ceux de leurs compatriotes qui occupaient déjà cette partie du littoral méditerranéen. D'après certaines théories récentes, les hébreux seraient en fait une branche des cananéens.


L'expansion phénicienne en Méditerranée

Cernée par les grands empires de l'Antiquité, l'Égypte au Sud, les Hittites au Nord et la Mésopotamie à l'Est, la Phénicie devait sa survie à la Méditerranée, gardienne de sa frontière à l'Ouest.

La relation entre les Phéniciens et la mer date de la très haute Antiquité, les traces des premières installations humaines à Byblos remontent au début du VII millénaire av. J.C.

Les Phéniciens développèrent l'artisanat, en particulier le travail du cuivre et celui de la fonte du bronze. Dès le milieu du deuxième millénaire, la commercialisation de la teinture de pourpre qu'eux seuls savaient extraire du murex, firent d'eux un peuple prospère. C'est également eux qui auraient diffusés l'utilisation du verre dans le bassin méditérranéen. Les Phéniciens étaient en relation avec les Égyptiens de l'Ancien Empire vers 2650 av. J.-C. : un scribe de Snéfrou mentionne l'arrivée de quarante navires chargés de fûts de cèdres provenant de Gebal, et l'on a effectivement constaté la présence de poutres de cèdre dans la pyramide de Snéfrou. Les artisans du Liban étaient réputés pour leurs constructions navales et le martelage des feuilles d'or sur des tables de pierre.


Symbole phénicien de la déesse Tanit

Les explorations Phéniciennes

Les Phéniciens étaient d'excellents navigateurs, toujours à la recherche de nouveaux marchés et de nouvelles sources de matières premières. Nous savons qu'ils fondèrent des comptoirs sur les côtes d'Espagne et du Maroc, au-delà du détroit de Gibraltar, et qu'ils se rendaient souvent dans la région de Cadix pour y charger du minerai de cuivre et de plomb. Si l'on en croit l'historien grec Hérodote, une flotte phénicienne fit le tour de l'Afrique vers 600 av. J.-C. pour le compte du pharaon Néchao. L'expédition serait partie de la mer Rouge, pour rentrer trois ans plus tard par le détroit de Gibraltar.

Il fallut attendre encore 2 000 ans pour que les navigateurs européens passent le cap de Bonne­Espérance, si bien qu'il paraît difficile d'ajouter foi au récit d'Hérodote. Pourtant, un détail retient l'attention : les Phéniciens prétendent qu'ils avaient le soleil a à main droite » quand ils voyageaient à l'ouest; en d'autres termes, le soleil se trouvait au nord. Hérodote ne crut pas cette partie de leur récit, alors que pour les géographes modernes, qui savent bien qu'un navire doit franchir l'équateur pour faire le tour de l'Afrique, elle plaide en faveur de leur sincérité.

Les Phéniciens se rendirent-ils aussi dans les îles Britanniques ? On l'a souvent dit. On prétend également qu'ils auraient atteint les côtes de l'Amérique. Cette affirmation s'appuie sur le fait que certaines statuettes mexicaines présentent des traits sémites et qu'un certain nombre d'Amérindiens honoraient des dieux barbus, alors que les autochtones du continent étaient tous imberbes. La plupart des spécialistes rejettent cependant cette théorie. Les- galères phéniciennes avançaient surtout à la rame, même si elles étaient parfois dotées d'une voile. Elles faisaient essentiellement du cabotage, d'île en île ou le long des côtes. Les routes qui menaient aux riches mines d'Espagne, par exemple, étaient jalonnées de comptoirs où les navigateurs mouillaient la nuit. Peut-être ont­ils pu atteindre la Grande-Bretagne ou faire le tour de l'Afrique, par étapes. Mais traverser l'immensité de l'Atlantique? C'est assez peu vraisemblable.

L'invention de l'alphabet

Les Phéniciens multiplièrent les contacts avec la Mésopotamie. Leurs scribes, maîtrisant l'usage de l'écriture cunéiforme, transcrivaient aussi bien l'akkadien, langue internationale de l'époque, que le sumérien ou leur propre langue sémitique cananéenne. Cependant, malgré certaines simplifications (on passa de 2 000 à 600 signes) l'écriture cunéiforme restait difficile à manier. Pour pallier ces difficultés, les scribes de Byblos mirent au point un système pseudo-hiéroglyphique comportant 100 signes, tandis qu'au XIVè siècle, Ougarit voyait naître un alphabet de 28 signes en graphie cunéiforme, dont l'ordre (Aleph, Bet...) est celui que nous connaissons aujourd'hui. Chaque lettre de cet alphabet représentait un objet, un animal, dont le mot commençait par le son symbolisé.


Ainsi la lettre Aleph, l'Alpha grec, est symbolisé par une tête de boeuf, Bet est symbolisé par une maison et ainsi de suite. Il semblerait qu'à l'origine une histoire ou une chanson soit associé à la série de ces lettres. Cette histoire fut alors un bon moyen mnémo-technique pour apprendre l'Alphabet.

Aleph: Boeuf
Bet: Maison ou tente
Gaml: Le chameau
Delt: Un battant de porte ou un pan de tente
Hé: ?
Wau: Clou ou cheville
Zai: Arme (en Araméen) ou Olivier en sémitique
Hét: Clôture ou Mur (en Akkadien)
Têt: Variante de la lettre tau
Yod: Main
Kaf: Paume
Lamd: Aiguillon
Mém: Eau
Nun: Poisson en araméen
'ain: Oeil
Pé: Bouche
Sadé: Hameçon, faucille, nez?
Qof: Singe
Res: Tête
Sin: Dents
Tau: Marque, signe


Carthage

Une des plus importantes colonies phéniciennes fut celle de Carthage. Quart Hadasht, la ville nouvelle, fut fondée en 814 avt JC par des colons phéniciens de Tyr. Résumé de Wikipédia: "Ce sont les Carthaginois qui introduisent le glaive court en fer dans l'Ouest du bassin méditerranéen. La ville devient une puissance dominante en Méditerranée occidentale au IVe siècle av. J.-C. Dominant alors le commerce de la méditérannée, les romains vont entrer en compétition avec cette ville et trois guerres s'en suivront. Ces guerres dites puniques (les Romains nomment les Carthaginois Poeni) se solderont par la chute de Carthage en 146 avt JC. Au Bas-Empire, la cité, gagnée au christianisme, subit les persécutions impériales. Carthage devient, au IVe siècle, l'une des plus grandes capitales spirituelles d'Occident. Elle est conquise en 439 par les Vandales menés par Genséric, qui y fondent un royaume. L'Église est victime de persécutions et est particulièrement meurtrie. La reprise par les Byzantins (Empire romain d'Orient) en 533 ramène la prospérité à la capitale d'Afrique. L'empereur Justinien Ier en fait le siège de son diocèse d'Afrique, mais à la suite de la crise monothéiste, les empereurs de Byzance, opposés à l'Église d'Afrique, se détournent rapidement de Carthage qui devient le siège d'un exarchat. Carthage donne ensuite à Constantinople une lignée d'empereurs à la suite d'Héraclius (fils de l'exarque de Carthage). À l'époque des conquêtes arabes, Carthage est en proie aux épidémies. Les Arabes prennent la ville mais lui préfèrent Tunis, la cité voisine, qui donne son nom au pays, celui d'Afrique désignant désormais le continent entier. Carthage ne connaît plus jamais sa gloire d'autrefois." Encore aujourd'hui les populations rurales de tunisie se nommeraient "chnani" (soit cananéen).



SOURCES et LIENS INTERESSANTS

www.histoiredumonde.net
SPQR: Les Cananéens
www.pheniciens.com
L'Alphabet phénicien



BIBLIOGRAPHIES

LES PHÉNICIENS, Édition STOCKS, 670 pages... Un ouvrage complet.
LA BIBLE DÉVOILÉE, Éditions GALLIMARD, d'Israël FINKELSTEIN et de Neil Asher SILBERMAN.